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C’est à l’occasion de la sortie de “Chute ! Eloge de la disgrâce” son neuvième livre et son deuxième roman, que Novopress a décidé d’interviewer à nouveau Alain Soral. Votre roboratif et décapant nouveau roman est-il avant tout un règlement de comptes pamphlétaire vis-à-vis du traitement médiatique que vous avez subi ces dernières années et notamment des divers « lâchages » dont vous avez été victime ? Dans les dix première pages oui, et vous conviendrez que je le fais avec humour. Dans les deux cents suivantes, je m’efforce plutôt de décrire au quotidien les affres d’un journaliste honnête, élevé à l’école républicaine de notre belle France, et qui s’efforce de sauver à la fois son honneur et son gagne pain… Dieudonné, Renaud Camus, Dantec, Eric Bénier-Bürckel… ne craignez vous pas que le « martyr médiatique » devienne une simple « posture marketing » parmi tant d’autres, permettant au passage d’avoir un « public captif » dont on est le « héros » ? Peut-on vraiment parler de censure quand on est distribué à la Fnac ? Là vous déraisonnez, croyez-vous que les gens que vous citez – si on excepte Dantec qui a droit à chaque sorti de livre à tous les plateaux télé - ont choisi d’être un jour lynché par une certaine intelligentsia tout puissante dans le monde de la pensée ? De se retrouver interrogés pas la Police comme de vulgaires délinquants ? De se retrouver au tribunal ? Menacés ? Agressés ? Contrôlés et redressés fiscalement ? Pensez-vous sérieusement que l’ostracisme et les persécutions qui les ont frappés du jour au lendemain les ont aidés à vendre des livres ? Pour avancer ce genre d’hypothèse fumeuse, il faut tout ignorer du sujet dans sa réalité. Quant à être en vente à la Fnac, cette remarque dénote aussi une grande méconnaissance de la perversité de la censure en régime démocratique. Qu’importe d’être à la Fnac, si pour cause de silence orchestré des médias si peu de gens savent que votre nouveau livre est sorti. À ce régime là, très vite vous n’avez plus qu’une poignée de lecteurs, puis plus d’éditeur… et enfin plus de Fnac ! Et vous en êtes réduit pour exister à répondre à ce genre de questions sur Internet !
A votre avis que devriez vous faire pour être complètement « réhabilité » médiatiquement ? Je ne cherche pas à être réhabilité médiatiquement. Je cherche juste la vérité et la justice, et comme je ne suis pas masochiste, à parvenir encore à communiquer avec le plus grand nombre de lecteurs sans me renier. Mais si je voulais être réhabilité médiatiquement, je sais qu’il me faudrait faire la même chose que Dantec : donner par exemple avant la sortie du livre une bonne petite interview sionistolâtre au Jerusalem Post. Là je redeviendrais le méchant préféré des médias, mais un méchant qui mord sur commande et uniquement les faibles, les baudruches, les tigres de papiers… Une fois la description faite, avec talent et humour, de ce carcan de copinage communautaire et d’auto-censure qui scelle l’avènement d’un véritable néo-totalitarisme politiquement correct, quelles sont selon vous les perspectives, les voies, qui permettent d’espérer un jour pouvoir le briser ? Une refonte totale du système qui ne peut passer que par un processus révolutionnaire. Le reste c’est du pipo, bonnet blanc, blanc bonnet… Vous faites dire à l’un de vos personnages que l’on mesure la liberté à l’aune de la diabolisation. Cela signifie-t-il qu’il convient de se pencher avec un nouveau regard sur des mouvements tels que les Identitaires que l’Etat calomnie et cherche à interdire sous de fallacieux prétextes ? Il convient de se pencher avec un regard plus anticonformiste, plus subversif, plus généreux aussi sur tout l’édifice idéologique construit en France et dans le monde occidental depuis 1945, et sur ce qu’il a fonction de cacher. Un édifice de propagande dont l’idéologie 68 n’a été que le prolongement, le renforcement. Non pas pour l’inverser, mais pour le montrer lui aussi comme outil d’oppression, de manipulation et d’abrutissement dans les mains du pouvoir. Face à cet immense travail de relecture, de saine complexification, la bataille pour la réhabilitation de la soupe au cochon – certes parfaitement légitime - me semble un tout petit peu secondaire… Pour finir, pouvez-vous nous parler de vos prochains projets d’écriture ? Après Chute ! qui clos par un roman et la mort du héros, un cycle de cinq livres se proposant de décortiquer l’idéologie de domination contemporaine, cycle commencé avec Vers la féminisation ? qui culmine par cet Eloge de la disgrâce en passant par Jusqu’ou va-t-on descendre, Socrate à St Tropez et Misères du désir… il me semble que j’ai dit tout ce que j’avais à dire sur notre société, ses tares et l’urgente nécessité du changement. Mes prochains projets devraient donc plutôt se tourner vers l’action… Quitter le pays par exemple ! Merci à vous pour le coup de main… |