“Le pamphlet est un genre littéraire typiquement français jadis florissant mais qui ne survit à notre époque de bien pensance et de conformisme totalitaire que grâce au courage et au talent de quelques bretteurs isolés et souvent cloués au pilori médiatique. Alain Soral, bourgeois déclassé au physique de boxeur, est de ceux-là. En trois livres (« Jusqu’où va-t-on descendre ? », « Socrate à Saint-Tropez ?», « Misères du désir »), il a réussi à secouer l’apathie du débat d’idées en France et à réveiller toutes les ligues de vertu qui ne supportent pas qu’on brise la tranquillité rassurante du règne de la pensée unique. Son style alerte et à l’originalité de ses prises de positions lui ont également valu de susciter de grands courants de sympathie provenant de tous bords. Nous lui avons donné la parole afin d’essayer de tirer les enseignements de toute l’agitation qu’il a pu susciter et de tenter de dessiner les futurs paradigmes du débat d’idées en France et en Europe.
Vous êtes devenu, en quelques mois, le symbole de la liberté de pensée et de la lutte contre le « politiquement correct ». Comment vivez-vous ce statut ? Bien, pour ma conscience morale, je n’aimerais pas être dans la tête d’Ardisson et quelques autres baisseurs de frocs et retourneurs de vestes que je connais… Mal, quand je pense au boycott, diffamations, lâchages… que j’ai subis ces derniers mois pour des remarques de bon sens, pas si méchantes au fond. (Ceux qui me connaissent savent que je suis un gentil, voir un rigolo). L’acceptez-vous totalement ? Totalement. Même si les coups et les menaces m’ont rendu plus conscient du prix de la liberté. Je vous le dis en vérité : la liberté en France coûte de plus en plus cher ! Il y a même pénurie sur le produit ! Peut-on comparer votre situation avec celle que connaît l’humoriste Dieudonné ? On peut. Bien que je n’ai pas sa combativité et son énergie. Je suis un homme d’analyse et de pensées. Quand le niveau descend trop bas, au niveau du cerveau reptilien, peur, menaces, agression… je ressens une grande fatigue, et l’envie de fuire à la campagne écouter de la musique pour retrouver l’harmonie… Quels sont les points communs et quelles sont les divergences ? Nos divergences portaient sur la responsabilité globale des blancs dans la traite des noirs, une simplification que je refuse, le Code Noir, le paysan français sous Louis XV n’y était pour rien… Mais cette petite divergence est devenue un “point de détail” face à la fatwa qui nous réunit désormais ! Pour vous, où se situent, si elles existent, les limites que l’on peut poser à la liberté d’expression et d’opinion ? Il devrait n’y en avoir aucune. Sur ce sujet je suis un libéral, au sens où je crois à l’auto-équilibration du marché du sens. Quand un discours devient trop faible, trop absurde, trop haineux, les gens censés s’en détournent. C’est pourquoi je ne ressens aucune animosité envers BHL… En simplifiant, peut-on parler de tout avec tout le monde ? Sinon, avec qui refuseriez-vous de débattre ? Non seulement on peut, mais on doit. C’est le meilleur moyen de faire baisser les tensions, lever les malentendus… C’est le système démocratique et très français du bistrot, on s’engueule un bon coup et on remet sa tournée. C’est pourquoi je n’ai jamais refusé de débattre avec quiconque et rien ne me rend plus triste, en tant qu’intellectuel qui aime le combat d’idées, que celui ou celle qui refuse le dialogue (je ne ferai pas de liste, c’est mal vu). Je suis ainsi fait que je trouve que tout le monde a toujours en partie raison “de son point de vue”, et ce qui m’intéresse, me passionne, c’est de comprendre ce point de vue qui fait la “différence”, la personnalité de l’autre. Je suis authentiquement sociologue, je n’ai pas d’autre foi que la logique, le logos, la qualité de l’argumentation… Je suis l’homme du doute, seule la mauvaise foi me dégoûte. Même si votre livre « Jusqu’où va-t-on descendre ? » était déjà assez iconoclaste et sulfureux, vous étiez malgré tout, à l’époque de sa sortie, régulièrement invité à la télévision, notamment par Thierry Ardisson. Quand avez-vous franchi la ligne jaune qui entraîne l’omerta médiatique absolue ? Avez-vous eu conscience de l’instant de ce basculement ? Si vous me posez la question c’est que vous avez la réponse ! Avec Jusqu’ou va-t-on descendre ? j’étais le premier essayiste de gauche à oser tancer vertement les maghrébins de France, ce que j’ai appelé les z’y va ! Tout le PS en rêvait, personne n’osait. C’est pourquoi le livre fut un best seller, il correspondait à une attente, et à part l’idiote de service du Nouvel Obs qui me traita de facho pour avoir dit, avec deux ans d’avance, ce qui constitue le fond de leur discours actuel, le reste de la communauté comprit assez vite l’intérêt de “laisser passer”. Si j’en étais resté à ce stade, dit “Houellebecq-Fallacci”, je serais aujourd’hui le roi des médias ! Mes problèmes ont commencé quand j’ai appliqué la même grille critique - fondée sur des principes strictement républicains - au communautarisme juif. Je ne l’ai pas fait par antisémitisme mais par probité intellectuelle. Soit je critiquais tous les communautarismes : féministe, gay, corse, arabe… ce que j’ai fait, soit je n’en critiquais aucun. Je ne suis pas Philippe Muray… Comme mes critiques étaient rigoureusement de gauche et pertinentes, je n’ai reçu aucune attaque sur le plan des idées. On m’a juste passé délicatement à la trappe. À partir de là, bien avant que je décortique le montage des “mi putes mi soumises” dans Misères du désir, le seul à m’inviter encore était Ardisson. Tous les autres s’étaient déjà couchés sous la pression, exception faite de Paul Wermus qui a tenu un peu plus longtemps que les autres, par dilettantisme sans doute, aucune machine n’est absolument implacable… Mon dérapage, amplement provoqué, à “Complément d’enquête”, n’a donc fait que justifier, pour le grand public, une mise à l’index déjà programmée. Et pour soigner le symbole, à l’intention des initiés, elle fut officiellement prononcée par Thierry Ardisson lui-même. Celui qui m’avait fait par ses multiples invitations (4 en 4 ans) devait me défaire, quitte à se parjurer publiquement. Cette séance d’humiliation était sa punition sans doute, pour avoir trop longtemps joué au malin. Petite histoire qui ne doit pas faire oublier que cette omerta, aujourd’hui officielle, durait déjà depuis 2 ans. Songez que “Misères du désir” qui traite de tous les sujets brûlants de notre actualité sociale, et qui était mon troisième best seller en trois ans, n’a fait l’objet d’aucun article, d’aucune critique, dans aucun grand media ! Allez vous étonner après ça que la presse se vende de moins en moins, les gens sont lâches mais pas si cons ! Pensez-vous qu’il soit encore possible aujourd’hui en France de « vivre de sa plume » tout en restant un homme libre ? Si on écrit de la poésie ou des romans d’amour, oui, quoi que les poètes crèvent de faim quand même, mais pour d’autres raisons ! Sinon, dés que vos écrits on un contenu politique, contenu politique qui dévie de la ligne officielle, ligne officielle quasi dictatoriale depuis le 11 septembre, ici encore plus qu’aux Etats Unis où il existe le second amendement et une puissante contre-culture, la réponse est clairement : non ! Pour un homme lucide qui tient à affirmer sa liberté, la marginalisation est fatale. Et même Dantec a des ennuis pour en avoir trop fait dans le lèche-cultage. Il ne faut pas seulement plier, il faut la bonne courbure. Trop, parfois, c’est comme pas assez ! Du coup, en ce moment pour arrondir les fins de mois et continuer à écrire ce que les événements m’inspirent, je fais de la brocante ! J’ai l’habitude, je suis né dans la merde, la première chose que j’ai vu bébé, moi, ce n’est pas ma mère, c’était les huissiers ! NoVo: Au plus fort de la polémique, des attaques diverses et des menaces physiques, n’avez-vous jamais été tenté par un « exil à la Dantec » ? Oui, j’ai ressenti une grande fatigue après mon agression par 35 nervis sionistes. Je me suis dit : “tu mérites mieux que de te faire crever à coups de barres de fer par des petits cons fanatisés”. À 45 ans, avec tout ce que j’ai du ramer pour arriver où je suis, moi qui ne suis même pas bachelier, et fils de taulard, et orphelin ! merde ! J’ai quand même le droit de souffler ! Mais partir où ? En Corée du Nord, en Syrie ?! Même l’Iran aujourd’hui c’est plus sûr ! J’ajouterais que Dantec, comme Houellebecq, a d’abord quitté la France pour ne pas payer d’impôts sur ses gros revenus. Mais avec 50 briques misent dans l’achat d’un appart et 20 ans de crédit, vous croyez qu’on refait sa vie ? Pensez-vous qu’il subsiste en Europe occidentale la marge de manœuvre minimale nécessaire à un combat des idées qui ne soit pas qu’une caricature émasculée et bornée par les diktats médiatiques ? Dans les médias dominants soumis à la pub, le système, non, c’est fini. La centrifugeuse mise en place au milieu des années 80, et qui s’est encore accélérée depuis le 11 septembre, a fini d’éradiquer toute résistance interne. Ne restent plus en place que les soumis tenus par le pavlovisme ou la peur du chômage, très élevé dans nos métiers d’anima-cul précarisés. La reddition d’Ardisson a sonné le signal de la fin. Quant à ceux qui prétendaient faire dans le double langage, comme Patrick Besson, ils se sont perdu en route. Critique télé à VSD, c’est comme entriste trotskiste au Medef ! Bref, les médias de masse c’est Radio Paris ! La situation de l’intelligence critique doit ressembler aujourd’hui en France à ce qu’elle était en URSS sous Brejnev. Ironie, le mur est tombé, et nous nous retrouvons à l’Est ! Il y a donc obligation de dissidence, maquis… Là question étant de savoir où est le nouveau Londres ? Pour l’instant sans doute sur internet… Vous avez récemment pris vos distances avec le mouvement « Euro-palestine » auquel vous participiez activement et également connu quelques déboires avec le site communautariste musulman « oumma.com ». Pouvez-vous revenir brièvement sur les causes de cette rupture ? D’abord rectificatif : que je fus la tête pensante d’Euro-Palestine est une invention du tandem Alain Finkielkraut/Elisabeth Levy, qui me haïssent depuis que je les ai tout deux ridiculisé dans Socrate à St Tropez; Une invention dans le but de jeter sur moi les milices d’extrêmes droites sionistes, et de me mettre physiquement en danger (je soupçonne ce genre de petit clerc falot - comme jadis Brasillac - d’avoir un goût profond pour la violence). Dans la réalité, je n’ai jamais participé activement à Euro-Palestine, jamais assisté même à une réunion, madame Zemor, “deus ex machina” de ce machin trotskiste vous le confirmera. Mon rôle s’est réduit à accepter que mon nom figure dans le comité de soutien pour un gala, au même titre que Princesse Erika ! Et que j’y lise un demi-texte en alternance avec Sine à la tribune. Je précise, pour ceux que me reprochent d’avoir fait siffler des intellectuels juifs par la lecture de ce demi-texte, qu’il m’avait été remis, quelques minutes avant que je le découvre, par son auteur lui-même, madame Zemor en personne ! Il y a sans doute des sales besognes que certaines préfèrent sous-traiter à d’autres ! Et je dois reconnaître que quand il s’agit de dire “oui” à une femme en jupe courte, je suis plutôt bonne pomme ! Maintenant, après cette mise au point, le fond de ma pensée sur le sujet : J’ai trop de respect pour la souffrance du peuple palestinien pour apporter, en plus, ma pierre à leur manipulation par des trotskistes, surtout quand ces mêmes trotskistes, qui me demandent mon aide pour faire voter le maghrébin de banlieue, me débinent ensuite pour donner le change à leur public bobo. Encore un aveu politiquement incorrect : je n’aime pas trop les sionistes, on le sait, mais je les méprise quand même beaucoup moins que les trotskistes que je vois depuis 30 ans manipuler les pauvres : hier les ouvriers, aujourd’hui les arabes… Quant au papier intitulé Le cas Soral publié sur Oumma auquel vous faites allusion, c’était la petite vengeance de ces mêmes trotskistes d’Euro-Palestine, leur façon de me faire payer le départ de Dieudonné, que j’ai convaincu de quitter avec moi ce panier de crabes. Qu’Oumma l’ait passé pour se donner une image de modéré après mon dérapage à “Complément d’enquête” m’arrange au fond. C’est la preuve que je ne suis la créature de personne, ni des sionistes quand je quitte Euro-Palestine, ni des musulmans quand ils me flinguent sur Oumma. Français moyen je suis, et tout mon amour va à la France, à la France de 1789, frondeuse et populaire, que j’aime d’un amour viscéral et charnel, comme celui qui unit un fils à sa mère ! Lors d’un échange épistolaire avec les Identitaires, vous leur aviez reproché de ne pas prendre clairement position vis à vis de la confrontation inter-communautaire entre sionistes et musulmans. Aujourd’hui, avec le recul, ne pensez-vous pas qu’il s’agit là de l’option la plus sage, ces querelles ne concernant qu’indirectement les européens, la véritable question étant celle de la viabilité globale du système, c’est à dire de la possibilité d’une coexistence pacifique et constructive entre les différentes communautés vivant sur le sol européen. En bref, le véritable débat, urgent et brûlant, n’est-il pas celui de la remise en cause ou non du modèle multiculturel ? Là, je dois faire mon mea culpa. À la suite du boycott injuste que je subissais pour avoir appliqué les mêmes arguments critiques à la communauté juive qu’aux autres communautés, j’avoue que je me suis un peu énervé et que j’ai cherché à rendre les coups. Comme dirait l’indien sur le sentier de la guerre : je suis sorti de ma réserve ! C’est humain, vous avez tendance à vous rapprocher de la communauté qui est la moins fermée à votre discours critique, en l’occurrence les arabes, qui avaient beaucoup mieux accepté “Jusqu’où va-t-on descendre ?” que les juifs “Socrate à St Tropez”. À cette époque là, après les deux boycotts de “Socrate” puis de “Misères”, il y a eu entre la communauté juive et moi comme une scène de ménage, scène de ménage dont l’acmé fut mon dérapage à “Complément d’enquête”. Je ne veux surtout pas m’excuser, y’en a marre de la repentance, juste faire remarquer que pour s’énerver comme ça face à son interlocuteur, il faut qu’il y ait de la passion, donc de l’amour déçu… N’oubliez pas que je viens du PCF, que mes héros de jeunesse furent Marx, Lukacs, Politzer, Goldmann… et mes partenaires de travail : Saada, Ulmann, Cohen… Mais je reconnais que tout ça est un peu subtil pour qui pensent et agit avec son cerveau reptilien… Donc énervement, scène de ménage, dérapage et derrière, agression, menaces, haine… Une ambiance sordide très loin du débat d’idées et du Rousseauïsme qui constitue le fond de ma pensée. D’où le texte qui accompagne ma désolidarisation d’Euro-Palestine, où je réaffirme ma ligne citoyenne, où je rappelle - d’abord à moi-même - que mon but n’est pas d’attiser la haine, mais de préserver le modèle Français en incitant les diverses communautés à prendre conscience de l’intérêt pour tous de revenir à la République… Pour le reste, vous avez raison, les brassages accélérés, sans précédents dans notre histoire, produisent de telles pathologie sociales que la nécessité de l’enracinement redevient une question sociologique pertinente…Après tout pourquoi Finkielkraut serait-il le seul à avoir le droit de ne pas admettre comme allant de soi l’idéologie du métissage ?! Sans tomber dans l’art divinatoire, comment percevez-vous l’avenir proche ? Fragmentation communautaire débouchant sur un système de type « apartheid » voulu et accepté par ses divers protagonistes ? Explosion balkanique ? Fraternité universelle de zombies sans identité par la grâce de l’acculturation capitalisto-américaine ? Quoi qu’on dise depuis 1945, on finit toujours par faire comme les Américains. Un processus du à la dérive de l’accumulation capitaliste, cette pente libérale sur laquelle les USA nous précèdent… La communautarisation de la France c’est aussi son américanisation, idem pour la gayïtude, le féminisme, le politiquement correct, les obèses, tout ça nous vient d’Amérique… La question est : jusqu’ou la France peut-elle se soumettre à ce modèle, loin de ses fondements, avant de se rebeller, de craquer ? Et, corollaire international : jusqu’où le mensonge bushiste peut-il déstabiliser la planète, avant qu’il y ait rupture de ce qui est préservé, tant bien que mal, depuis 1945. Rupture y compris là-bas, comme il y a eut écroulement de l’URSS. Car je prophétise que tout pètera quand ça pètera là-bas; que pour que ça pète, il faut que ça pète d’abord là-bas. Et ça peut péter, relisez Emmanuel Todd… Le pire c’est l’alternative dramatique de notre avenir : soit conflagration, guerre civile et planétaire; soit écroulement, fin de l’homme et de l’Histoire. Dans les deux cas, rien de bien agréable ! Et même si l’avenir ne se révèle pas aussi noir, une chose est sûr, les trente glorieuses, le face à face gauche /droite élégant à la Sartre / Aron, à la Lukacs / Heidegger pour les plus cultivés, est derrière nous. S’en est fini du bon côté de la démocratie ! Vous vous réclamez régulièrement du marxisme. Croyez-vous aux « temps de l’histoire » mis en évidence par Marx (communisme primitif, esclavage, féodalité, capitalisme, communisme) et si tel est le cas pensez-vous donc que ce soit dans la voie communiste que se situe la seule issue possible à l’hégémonie libérale actuelle ? Je crois, comme tous les historiens sérieux - il n’y a pas que les marxistes - au matérialisme historique, avec la néolithique qui succède au paléolithique, la première révolution urbaine au néolithique… donc à un certain progrès observable de l’Histoire - au sens de “maîtrise par l’homme de la Nature” - sur la longue durée. Sur des périodes plus courtes j’admets aussi, comme de la fin de l’Antiquité à la Renaissance, des régressions temporaires… Pour des raisons infiniment complexes, l’au-delà du capitalisme, qu’aurait pu être un certain socialisme, a échoué et nous vivons, à cause de cet échec, une période de régression libérale des plus brutale, tant sur le plan des rapports économiques que des dégâts qu’elle produit sur l’âme (sujet en partie de “Misères du désir”). Que la solution à cette violence ultra-libérale soit un meilleur partage du travail et des richesses, une remise en question planétaire de l’idéologie de la croissance… est une évidence. Le problème, typiquement marxiste, c’est que je ne vois pas bien, aujourd’hui, sur quelles forces sociales concrètes compter pour que ce changement, vital et nécessaire, s’opère; qui prendra en somme, pour le siècle à venir, le relais du messianique prolétariat ! En marxiste conséquent, je dois donc admettre qu’en ce moment c’est plutôt Heidegger qui reprend la main… Pour finir, pouvez-vous nous dire quels sont vos actuels projets éditoriaux ? Pour ne pas aggraver ma situation (les menaces de mort c’est fatiguant), j’ai pour projet de m’atteler à un petit roman tragi-comique. Comme j’ai dit à peu près tout ce que j’avais à dire, sur le plan socio-politique, avec mes quatre derniers livres (féminisation, communautarismes, marché du désir…) et que je ne veux pas devenir le Jean-Pierre Coffe du pamphlet, je vais ainsi pouvoir attendre au calme que l’Histoire me donne raison sur mes craintes, mes mises en garde et mes prévisions… Eveil et compassion. |